Eugénie Goldstern
l'ethnologie alpine et Bessans
par Louis-Jean Gachet

Abstract
La redécouverte par les milieux scientifiques du travail de recherche conduit par Eugénie Goldstern (1884-1942) en ethnologie alpine entre les années 1910 et 1925 sur des communautés rurales situées dans des vallées suisses, françaises et italienne a été très laborieuse. Parmi ses nombreux terrains d'étude, son enquête réalisée à Bessans (Haute-Maurienne, Savoie, France) en 1913-1914 constitue une monographie exemplaire qui, rétrospectivement, fait date dans l'histoire disciplinaire de l'ethnologie européenne. La thèse qu'elle en a tirée et qu'elle a soutenue à l'université de Fribourg (Suisse) en 1920 n'a commencé à être connue des milieux académiques qu'au cours des années 60, et notamment grâce à un Bessanais, Francis Tracq, à l'origine d'une première traduction française. Victime de l'antisémitisme national-socialiste autrichien, comme toute sa famille, Eugénie Goldstern a été assassinée en 1942 au camp de Sobibor, mais son histoire personnelle n'a, elle aussi, été révélée que fort tard, à la fin des années 1990, grâce aux travaux du Munichois Albert Ottenbacher. C'est un peu plus tard qu'en France, au début des années 2000, s'organise enfin, sous l'impulsion de l'anthropologue Isac Chiva, un véritable mouvement de révélation publique de son œuvre. La grande exposition organisée par le Musée Savoisien de Chambéry et le Musée Dauphinois de Grenoble en 2007-2008 en est l'expression manifeste.
La monographie dédiée à Bessans par Eugénie Goldstern a inspiré plusieurs générations de nouveaux chercheurs qui ont, à leur tour, renforcé la consécration de ce village comme « haut lieu de l'ethnologie européenne ». L'association Bessans Jadis et Aujourd'hui, fondée en 1978, a également de son côté au fil des décennies considérablement valorisé le capital patrimonial bessanais. Et pourtant, toute cette richesse documentaire accumulée n'a tout simplement pas encore trouvé le lieu de sa mise en visibilité physique, accessible aux visiteurs, aux touristes, comme aux habitants. La mise en scène du récit bessanais reste à réaliser. Et si l'on retourne aux sources, aux travaux d'Eugénie Goldstern sur l'architecture traditionnelle, et tout spécialement sur le logis-étable, on ne peut que former des vœux pour qu'une ultime maison bessanaise authentiquement préservée soit définitivement sauvée et puisse devenir la « maison du patrimoine de Bessans », et du même coup, constituer aussi un lieu mémoire en hommage à cette ethnologue qui avait élu Bessans comme un site exemplaire. La maison Finette semble remplir toutes ces conditions.
A - Le cheminement complexe d'une reconnaissance
En 2003, le grand anthropologue français Isac Chiva publiait un article devenu fameux,
« L'affaire Eugénie Goldstern : Histoire d'une non histoire », par lequel il dénonçait l'occultation dont cette ethnologue juive autrichienne pionnière en sa discipline était victime depuis près d'un siècle et appelait de ses vœux un sursaut de reconnaissance en sa faveur de la part des institutions scientifiques et muséales.
De fait, la réponse officielle française à l'interpellation d'Isac Chiva avait commencé à s'élaborer au cours de l'année 2002 à Grenoble, dans le cadre d'un colloque tenu au Musée Dauphinois, colloque où la place d'Eugénie Goldstern au sein des fondateurs historiques de l'ethnologie alpine avait été largement reconnue.
D'évidence, son itinéraire de recherche en civilisation alpine, engagé dès 1912, a tout de suite revêtu une dimension européenne puisque pendant près de quinze ans elle a sillonné la Suisse (Valais, Grisons…), l'Italie (Val d'Aoste…), la France (Savoie, Bauges, Maurienne, Tarentaise…), l'Autriche (Voralberg, Allgäu…), visitant plus de 80 communautés, étudiées dans une optique d'observation et de documentation comparée des populations montagnardes.
B - L'expérimentation pionnière du terrain monographique : Bessans, 1913-1914
Cependant, son « terrain » d'étude à Bessans (1913-1914) constitue en soi un événement scientifique spécifique et exceptionnel dans la mesure où, selon les conseils d'Arnold Van Gennep, à l'époque professeur à l'université de Neuchâtel et directeur du Musée d'ethnographie de la même ville, elle s'y est confrontée à l'exercice de la monographie complète d'une communauté agropastorale d'altitude, à une époque où cette approche n'était pas encore pratiquée en Europe. Son enquête, à laquelle l'irruption de la Première guerre mondiale a mis brutalement fin, lui a néanmoins permis d'en tirer les matériaux de sa thèse soutenue en 1920 à l'université de Fribourg, sous la direction du professeur Paul Girardin.
Aujourd'hui, un siècle plus tard, cette étude constitue un document anthropologique et historique remarquable, pionnier, indéniable jalon de référence méthodologique pour la discipline et pour les sciences sociales en général. De plus, l'approche ethno-muséographique originale qui était la sienne a abouti également à la constitution d'une collection significative d'artefacts authentiquement prélevés à Bessans et renseignés (outillage agropastoral, matériel domestique, habillement et parure, objets de culte, art populaire…) ainsi qu'une collection photographique de qualité exceptionnelle, toutes collections conservées par l'Österreichisches Museum für Volkskunde de Vienne.
Et même si l'envergure du travail d'Eugénie Goldstern, dans son amplitude géographique de terrains européens, comme dans celle de ses différentes approches thématiques, est loin d'avoir été prise en compte à ce jour, il convient de retracer les étapes par lesquelles la manifestation de ses recherches a pu progressivement advenir. A cet égard, il faut d'abord mentionner l'action de diffusion de sa thèse (limitée il est vrai à l'aire germanique) opérée par Klaus Beitl, conservateur à l'Österreichisches Museum für Volkskunde à partir de 1960 avant d'en assurer la direction de 1978 à 1994. C'est par son canal qu'Arnold Niederer, professeur d'ethnologie européenne à l'université de Zürich, découvre la monographie et décide d'organiser pour ses étudiants un séminaire à Bessans. Celui-ci allait se dérouler en trois séjours, de l'automne 1967 à l'automne 1968, première tentative scientifique de revisiter les lieux et les descriptions de l'enquête initiale, 50 ans après.
C - Bessans et la révélation de la thèse d'Eugénie Goldstern
Quant à sa progressive reconnaissance dans l'aire francophone, il est tout à fait remarquable de noter que c'est au cœur de Bessans qu'a surgi l'initiative décisive de révéler cette monographie au grand public. Et pourtant, si le passage de l'ethnologue n'avait laissé que de bons souvenirs au sein de la population, eu égard à son excellente capacité de contact, d'intégration et de respect vis-à-vis de ses interlocuteurs, son départ précipité en août 1914, et le fait qu'elle ne soit jamais revenue, avaient déployé automatiquement un voile d'oubli sur cet événement. Qui pouvait dès lors imaginer que « la dame autrichienne » allait poursuivre son travail dans les vallées alpines, certaines très proches outre-monts, soutenir une thèse à partir de son enquête bessanaise, la publier, et encore moins connaître un destin tragique, assassinée dans le cauchemar de la Shoah ? Mais il est vrai qu'un autre désastre historique allait frapper Bessans en 1944, l'incendie du village par les armées nazies en retraite, privant cruellement et définitivement la commune d'une grande partie de son patrimoine bâti traditionnel, et un nombre considérable de familles des traces physiques de leur mémoire pluriséculaire.
Et malgré ces indiscutables obstacles, un Bessanais né en 1936, Francis Tracq, particulièrement sensible à l'histoire originale de son village, intrigué par les souvenirs conservés par les anciens du séjour et des enquêtes de l'ethnologue, allait courageusement reconstituer les fils de cette histoire, rencontrer Arnold Van Gennep en 1953, se rendre à Vienne, en Autriche, pour découvrir les collections recueillies par Eugénie, se procurer le texte et en entreprendre la traduction avec Mlle Schaeffer. Et en 1987, la thèse consacrée à Bessans paraissait pour la première fois en intégralité en français.
Ceci s'inscrivait d'ailleurs plus largement dans un mouvement de mobilisation pour la sauvegarde de la mémoire du village, mouvement partagé par un certain nombre de Bessanais qui se regroupaient en 1978 pour fonder une association à cette fin, Bessans Jadis et Aujourd'hui. Et si l'enquête d'Eugénie Goldstern ne constituait pas l'épicentre du travail de recueil qui allait être déployé au fil des années par l'association, on peut penser que l'attention exceptionnelle portée à la communauté bessanaise par une ethnologue autrichienne au début du siècle conférait une légitimité supplémentaire, fondatrice en quelque sorte, à cette démarche collective.
D - La mise au jour cruelle d'une vie anéantie
Lorsque Isac Chiva parlait de « non histoire », cela ne concernait pas seulement la dissimulation d'une trajectoire scientifique, mais également l'effacement d'une histoire humaine et familiale tragique qui n'a commencé à être révélée qu'au cours des années 1990. Il convient à ce propos de rendre hommage à un homme qui a pris à cœur d'enquêter sur le sort de quelques ethnologues juifs ayant œuvré pour le compte de l'Österreichisches Museum für Volkskunde de Vienne, entre 1910 et 1920 notamment Rudolf Trebisch, ayant collecté en Bretagne, et naturellement Eugénie Goldstern. Albert Ottenbacher, professeur d'arts plastiques à Münich, intrigué par le travail accompli par ces chercheurs, bien que n'appartenant pas lui-même au sérail ethnologique, se rend à Vienne au musée au sein duquel ils ont travaillé et entreprend de remonter le fil d'Ariane de ces étranges destinées enfouies. C'est ainsi qu'il réunit suffisamment de données d'archives pour reconstituer dans les grandes lignes la biographie d'Eugénie et la publie en 1999. Son travail attire alors crûment l'attention sur les zones troubles de la configuration historique viennoise qui avait conduit les chefs de file de l'anthropologie de l'époque à pactiser avec l'idéologie raciale national-socialiste. Désormais lâchée par les maîtres qui l'avaient formée, rien ne pouvait plus préserver l'ethnologue juive de son effarant destin, de sa déportation vers les camps de la mort, parallèlement à la dislocation de toute sa famille.
E - L'inversion progressive de la fatalité
Un certain jour de 1995, Martin Karplus, petit neveu d'Eugénie, éminent chimiste de renommée mondiale, découvre dans la devanture d'un libraire d'Annecy, par le plus grand des hasards, la thèse de sa grand-tante traduite par Francis Tracq. Ignorant tout jusqu'alors de cette surprenante carrière de chercheur, il n'a de cesse, dès lors, de se rendre à Bessans pour commencer à reconstituer peu à peu sa trajectoire, entraînant progressivement toute la famille dans un processus de réappropriation de ce pan de sa mémoire. Cette découverte stupéfiante rejoint alors celles que de son côté Albert Ottenbacher est en train de mettre au jour.
Mais ce qui peu à peu se révèle si douloureux n'autorise pas facilement la mise en pleine clarté publique de l'œuvre scientifique d'Eugénie Goldstern. Les tensions et méfiances sous-jacentes entre les différents et nombreux protagonistes de cette « affaire », pour reprendre le terme d'Isac Chiva, doivent être prises en compte pour autoriser enfin la manifestation au grand jour de sa contribution à l'ethnologie alpine. Si depuis 2002 le Musée Dauphinois de Grenoble et le Musée Savoisien de Chambéry travaillent conjointement à la conception d'une grande exposition française donnant enfin pleine visibilité à l'ensemble de ses travaux, de ses terrains et de ses collectes, l'accord des différentes parties, indispensable à cette réalisation nécessite une rencontre-confrontation qui s'avère délicate.
Ce séminaire historique se tient à huis clos en avril 2006, au Mucem (ex-MNATP) au Bois de Boulogne et réunit sous la présidence de Michel Colardelle, directeur du Mucem, Isac Chiva, la famille Goldstern, l'Österreichisches Museum für Volkskunde , détenteur de la plus grande part des collections et des archives concernées, les Musées Savoisien et Dauphinois, les ethnologues intéressés (notamment François Portet, alors Conseiller à l'ethnologie à la DRAC Rhône-Alpes, et Valentina Zingari, chargée de mission pour l'exposition), et les représentants de Bessans, notamment Francis Tracq et une délégation de l'association Bessans Jadis et Aujourd'hui. Après deux journées de débats tendus, finalement un accord se dégage, les demandes de prêts sont acceptées et la préparation de l'exposition peut se poursuivre.
F - « Être ethnologue et juive dans l'Europe alpine des deux guerres »
C'est sous cet intitulé que l'exposition qui est inaugurée enfin au Musée Savoisien de Chambéry le 31 mai 2007 présente l'ensemble de la trajectoire scientifique de l'ethnologue, les différents terrains qu'elle a effectués, la richesse diversifiée des collections qu'elle a réunies. Le parcours s'ouvre naturellement et s'attarde longuement sur sa découverte du monde bessanais, son immersion dans ce village, avant de détailler ses autres différents séjours d'enquête en Bauges, Valais, Grisons, Val d'Aoste. Une place toute particulière est consacrée à ses recherches exceptionnelles sur les animaux-jouets, travail d'une extraordinaire originalité et novation, appuyé sur une collecte extraordinaire de témoins à trois dimensions. En outre, indépendamment des études que recèle le catalogue, le Musée Dauphinois publie à cette occasion la traduction française intégrale des écrits d'Eugénie Goldstern.
Parallèlement, Valentina Zingari, ethnologue mandatée par le Musée Savoisien pour enquêter auprès des Bessanais pour préparer la réception de cet événement, mais également pour recueillir les traces encore détenues par les familles du séjour d'Eugénie il y presque un siècle, découvre un niveau de mobilisation mémorielle et patrimoniale extraordinaire. Le cœur en est l'association Bessans Jadis et Aujourd'hui qui depuis près de trente années effectue un travail méthodique d'enquêtes, de recherches documentaires, archivistiques, généalogiques, linguistiques, bibliographiques, ainsi qu'une multitude d'enregistrements photographiques, vidéo et audio. De plus, l'association publie systématiquement ses travaux dans une revue semestrielle. Toutes choses qui justifient qu'au Musée Savoisien, un appendice à l'exposition générale soit mis en place afin de présenter des éléments complémentaires, notamment quelques précieuses reliques, objets témoins du séjour d'Eugénie (par exemple les petits cadeaux symboliques qu'elle avait offert à la famille Cimaz, propriétaire de l'hôtel où elle logeait). Enfin, une troisième exposition Eugénie Goldstern, cette fois déclinée à la dimension des plus modestes possibilités associatives, est présentée à Bessans même durant l'été 2008. Et célébrant les retrouvailles mémorielles avec sa visiteuse maintenant tirée de l'oubli, la commune de Bessans inaugure en même temps une plaque officielle rappelant sa mémoire.
G - Une descendance scientifique féconde
Certes, Eugénie Goldstern n'a pas découvert Bessans. La notoriété du village s'est construite dès la seconde moitié du XIXe siècle, sur la base de son patrimoine religieux exceptionnel (en partie redevable à des familles d'artistes bessanais, sculpteurs et peintres des XVIIe et XVIIIe siècle, les Clappier), attrait indéniable pour le tourisme instruit naissant, mais aussi en raison de guides de haute montagne qui ont su exploiter le mouvement d'engouement pour l'alpinisme au sein des milieux urbains aisés, notamment lyonnais, et faciliter l'accès des pionniers aux cimes transfrontalières. On peut également penser que l'artisanat de production de petits objets de bois sculpté polychrome, personnages, figurines, diables… proposés aux touristes (et dont quelques spécimens ont été collectés par Eugénie Goldstern) n'a pas moins contribué à populariser les côtés attachants de ce village. Et si Van Gennep, formidable connaisseur du monde rural et de ses traditions, a conseillé à l'ethnologue de s'implanter précisément dans ce groupe humain, c'est assurément car il n'ignorait rien des potentialités culturelles et sociales remarquables de cette communauté de montagne. Mais ce choc qu'elle a pu ressentir vis-à-vis des Bessanais et de leur cadre de vie, d'autres chercheurs l'ont éprouvé à sa suite et toute une succession d'autres scientifiques ont suivi sa trace, à des degrés divers.
Sans pouvoir être exhaustif en ces lignes, mentionnons d'abord Paul Dufournet, architecte- urbaniste féru d'art populaire, associé aux travaux de Van Gennep, qui dès les années 30 éprouve un véritable coup de cœur pour Bessans au point d'organiser une énorme campagne photographique professionnelle dont le raccordement avec celle effectuée par Eugénie Goldstern est remarquable. Les géographes alpins ont naturellement apporté nombre de contributions concernant Bessans, soit sur le plan de l'étude de l'agropastoralisme, soit sur celle du tourisme. Mais un chercheur, Marcel Jail, a particulièrement consacré ses investigations à l'élaboration d'une monographie territoriale centrée sur la Haute-Maurienne, au point de reprendre mention de l'emblème diabolique malicieux bessanais dans le titre de l'ouvrage tiré de sa propre thèse, « Haute-Maurienne, pays du diable ? ».
Quant au séminaire organisé par Arnold Niederer en 1967-68, il allait avoir comme conséquence l'engagement d'une de ses étudiantes, Françoise O'Kane, dans une nouvelle thèse d'ethnologie sur la population bessanaise. Son étude offre l'avantage de prendre en compte une caractéristique traditionnelle des sociétés d'altitude depuis des temps très anciens, celle de l'émigration temporaire de la classe masculine vers des centres urbains pour réduire d'instinct la pression démographique hivernale et épargner au maximum les ressources familiales souvent réduites aux limites de la survie. Cette nouvelle enquête, développée dans les années 70, est centrée sur la bipolarité résidentielle et culturelle entre le village d'une part, et l'implantation parisienne à Levallois-Perret, foyer d'émigration né à partir de la fin du XIXe siècle et qui avait vu une part significative des Bessanais adopter durant l'hiver la charge de cocher de fiacre, puis de conducteur de taxi. Ajoutons qu'un autre ethnologue basé au MNATP, Gérard Collomb, travaille à l'époque sur le même sujet et certaines de ses publications viennent enrichir cet axe de recherc
L'irrésistible attractivité de Bessans sur les chercheurs ne disparaît pas avec les années 90 qui voient cette fois un sociologue s'intéresser à l'évolution socio-économique de cette communauté rurale à la faveur du débat sur les potentialités de développement touristique. Bernard Poche commet à son tour une volumineuse étude de 370 pages qui nonobstant quelques analyses assez hermétiques, recèle aussi de considérables compilations de données relatives aux approches historiques, linguistiques, ainsi qu'au domaine du religieux.
Mais c'est avec les années 2000, à la faveur de la préparation de l'événement de 2007, l'exposition de Chambéry-Grenoble, que se retisse le plus significativement le lien avec la phase fondatrice qu'avait ouvert Eugénie Goldstern un siècle plus tôt.
Valentina Zingari, ethnologue dont le mandat a été évoqué plus haut, effectue à son tour une plongée qualitative d'immersion dans le réseau patrimonial bessanais et met au jour quelques axes qui avaient été précédemment peu perçus, celui de l'importance de la frontière et de la culture qui y est associée dans la mémoire du groupe, ainsi que celui des plaies encore ouvertes de la guerre, de l'incendie barbare de 1944, mais aussi celui de la crue terrible de l'Arc en 1957.
La consignation de ses enquêtes bessanaises constitue une masse importante de données nouvelles qu'elle a en partie exploitées dans sa thèse soutenue à Sienne en 2014.
Mais l'enquête scientifique sur le terrain bessanais n'a pas été exclusivement pratiquée par des chercheurs extérieurs car au sein de BJA, association qui dans de nombreux domaines s'est hissée à un niveau très professionnel, des vocations n'ont pas tardé à surgir. Ainsi, les travaux conduits par Annie Chazal en vue d'aboutir à un relevé toponymique exhaustif sur la totalité du territoire de la commune (y compris les zones d'alpages à fort dénivelé) se sont déroulés sur une décennie, mobilisant 80 informateurs pour aboutir à un répertoire de 1200 dénominations de terroirs phonétiquement transcrits et rigoureusement cartographiés. Et ce chantier exceptionnel en a généré un autre, celui de « la mémoire des alpages » qui inventorie de manière exhaustive ce patrimoine considérable, mêlant les descriptifs des terroirs, des chalets, des activités pastorales aux souvenirs émouvants portés par les familles, une ethnographie hautement qualitative cueillie sur le vif quand il était encore temps de le faire.
Mentionnons enfin la contribution de Martine Sadion en 2018, alors conservatrice en chef et directrice du Musée de l'Image à Épinal. Dans le cadre de son institution, experte nationale en imagerie populaire, et à l'occasion d'une exposition temporaire, elle a revisité un objet volumineux des collections du Musée Savoisien, à savoir les éléments d'une cloison de chambre d'été recueillie à Bessans en 1976. Extraits d'une maison datant du début du XVIIe et condamnée à la démolition, ces différents panneaux ont servi de support à une série d'images collées, remarquablement conservées, datant également du XVIIe, images à contenu historique et religieux, et témoignant des modes et circuits de diffusion de cette imagerie populaire. Un article scientifique du catalogue détaille cette recherche sur les supports iconographiques qu'une famille bessanaise choisissait d'apposer dans son logis, il y a trois siècles, contribution nouvelle à la documentation ethnographique inaugurée par Eugénie Goldstern.
H - Un renouvellement du regard : François Portet
Ancien conseiller à l'ethnologie, successivement à la DRAC Bourgogne, puis à la DRAC Rhône-Alpes, François Portet arrive à Bessans à l'automne 2015. Interpellé par une configuration exceptionnelle du point de vue de l'investissement successif de très nombreux chercheurs sur ce site sur plus d'un siècle, mais également frappé par la qualité de l'action patrimoniale développée par l'association Bessans Jadis et Aujourd'hui durant plus de quarante ans, il pense que le moment est venu de renouveler les approches et les méthodes. Bessans qu'il qualifie de « Haut lieu historique de l'ethnologie européenne » lui semble à ce stade mériter un nouvel examen en profondeur et de longue durée de sa part. En effet, la commune a connu des évolutions socio-économiques autant que culturelles déterminantes depuis la fin des années cinquante (acquisition d'une compétence exemplaire en matière de ski nordique, développement d'une économie touristique douce et maîtrisée par la population, maintien d'une activité agropastorale limitée mais bien réelle, simultanément à un investissement patrimonial et mémoriel remarquable, quoique resté concentré sur des centres d'intérêt traditionnels). Et en près de sept années de fréquentation assidue et d'observation de la communauté bessanaise, d'enquêtes auprès d'une centaine d'interlocuteurs, François Portet va renouveler le regard ethnologique sur Bessans, en méritant postérieurement lui aussi l'appréciation que le professeur Girardin avait déjà porté sur la capacité d'intégration d'Eugénie Goldstern à la population au vu de sa thèse : « Elle s'est introduite avec habileté dans la familiarité des gens du pays, dont elle a capté la confiance malgré le caractère méfiant de ces montagnards ». Foudroyé brutalement par la maladie en octobre 2022, François Portet lègue à Bessans un nouveau capital analytique au titre de l'ethnologie, récapitulé en quatre grands thèmes.
- Comment le nordique renouvelle le regard patrimonial
- L'agro-pastoralisme : un patrimoine et un enjeu
- Accueil et tourisme : une aventure collective devenue patrimoine commun
- Habitat, habiter, ou la mémoire des lieux
Tout cela intégralement publié dans la revue de Bessans Jadis et Aujourd'hui, puis sous forme contractée dans La Rubrique des patrimoines de Savoie pour donner pleine publicité départementale à ce travail.
I - L' urgence d'une mise en visibilité de ce capital de données
Est-ce nécessaire de le rappeler, Bessans a bénéficié depuis plus d'un siècle d'un investissement scientifique remarquable et continu, notamment du point de vue de la discipline ethnologique. De plus, depuis un demi-siècle, s'est également mis en place sur un mode autonome, original, un investissement patrimonial et mémoriel exceptionnel, interne à la communauté, incarné par l'association Bessans Jadis et Aujourd'hui, et l'on ne sait dire des deux investissements, lequel l'emporte sur le registre de la performance. De part et d'autre, les bibliographies sont interminables, les archives sur tous supports impressionnantes, des thèses savantes, des ouvrages conséquents, des centaines d'articles ont été publiés, des films réalisés, des collections constituées. Et pourtant, tout ce capital n'a tout simplement pas trouvé encore le lieu de sa mise en visibilité physique, simple, évidente, accessible au visiteur, au touriste ou au sportif de passage, tout comme au Bessanais d'adoption, mais encore plus aux familles bessanaises aux ascendances immémoriales dont les jeunes générations manqueront bien vite de repères sur leur histoire collective.
En 1947, Paul Dufournet, témoin accablé du désastre de l'incendie de 1944 et mêlé en tant qu'architecte de l'État à la question des choix urbanistiques de la « reconstruction », avait déjà publié une alerte sur la nécessité de se pencher urgemment sur le patrimoine de Bessans pour en assurer la sauvegarde, par la voie d'un éventuel musée. Il soulignait surtout combien la question de la « maison traditionnelle » constituait la base de cette démarche salvatrice et que précisément, après la destruction de Bessans, il fallait vite en sauver une, propre à servir de témoin et d'écrin. Aujourd'hui, près de 80 ans se sont écoulés et le problème demeure entier.
Certes, personne ne penserait plus à constituer un musée à Bessans aujourd'hui. De quelque côté qu'on examine cette éventualité, la solution ne réside pas dans cette perspective muséale. Les collections bessanaises sont d'abord dans les monuments religieux qui, bien entretenus, demeurent en place aux quatre coins de la commune (église Saint-Jean-Baptiste, 15 chapelles dont la chapelle Saint-Antoine, classée Monument historique, une trentaine d'oratoires, des croix, etc.). Elles sont ensuite à Vienne, au Palais Schönborn, là où Eugénie Goldstern a déposé les pièces qu'elle a eu l'intelligence de collecter en 1913-1914, et en part bien plus limitée, à Chambéry, au Musée Savoisien, et puis, à une échelle bien plus anecdotique, au Mucem (ex MNATP) à Marseille. Il faut s'en accommoder, d'autant que pouvoir y accéder n'est pas simple.
Mais comme le pensait Paul Dufournet, l'« objet » ethnographique bessanais essentiel, synthétique, récapitulatif, qu'aucune institution n'a jamais pu prélever à Bessans, c'est la maison traditionnelle dans son intégralité. Or, on sait que cet objet est précisément devenu absolument introuvable, surtout si l'on rêve de le recueillir dans l'état où la dernière famille l'ayant habité a pu l'abandonner sans transformation mutilante.
J - Retour à Eugénie Goldstern : le modèle mythique du logis-étable
La réputation architecturale de Bessans repose sur un certain nombre de caractéristiques parmi lesquelles la pratique de la cohabitation a été un trait marquant, ne serait-ce que parce qu'elle ne s'est complètement éteinte qu'à la fin du XXe siècle. Et à la lecture de sa thèse, on comprend vite que l'une des raisons majeures pour cette chercheuse de s'être intéressée à cette communauté, réside dans la fascination qu'elle éprouve vis à vis de l'habitat dans ces maisons où toutes les activités se déroulent sous le même toit, avec le lieu exceptionnel de cohabitation des humains et des animaux qu'est le logis-étable semi enterré. Son texte montre bien qu'elle est parfaitement documentée sur les diffusions et variations européennes de ces caractéristiques. Elle compare d'ailleurs les diverses solutions mauriennaises et tarines d'adaptation aux extrêmes climatiques (vallée des Arves, vallée des Villards) et en vérifie certaines directement pendant son séjour de 1913-1914 (Bonneval, Lanslebourg, Lanslevillard, Val d'Isère et Tignes).
Sa monographie recèle une analyse d'une très grande précision : une typologie, avec plans à l'échelle, des principaux modèles de maisons telles qu'elle a pu les étudier pendant son séjour.
Elle n'ignore d'ailleurs pas les formes perceptibles de l'inéluctable évolution du bâti puisqu'elle présente d'abord les plans de la plus ancienne maison-type, avec porche fermé, qu'elle date des XVIe-XVIIe siècles 43 , puis le plan d'une maison ancienne restaurée dans les décennies précédentes, et enfin le plan d'une maison nouvelle construite au cours des vingt années qui ont précédé son séjour.
K - La maison bessanaise comme un symbole de convergence identitaire
Quoi qu'il en soit, ce modèle du logis-étable semi-enterré hante les souvenirs et d'une manière plus générale l'imaginaire des Bessanais de souche, mais aussi celui des résidents qui ont choisi d'y acquérir un bien, jusqu'aux touristes occasionnels, comme si cette forme d'habitat venu de la nuit des temps constituait la marque culturelle d'un enracinement identitaire très profond propre à ce site. Et le célèbre cliché de cohabitation popularisé par Eugénie n'y est pas pour rien.
Les aléas de l'histoire n'ont malheureusement pas, sur le plan du bâti traditionnel, gratifié Bessans d'une préservation qui puisse faire accéder ce site à un label d'attractivité exceptionnelle. Le village qu'Eugénie Goldstern a ausculté en profondeur en 1913-1914, tissage architectural hérité des lentes croissances, ajustements et polissages du temps, et dont heureusement la photographie et les relevés témoignent, n'existe plus aujourd'hui que très partiellement sous nos yeux, eu égard aux deux éventrations catastrophiques successives, l'incendie barbare du 13 septembre 1944, et la phénoménale crue de l'Arc du 13 juin 1957.
C'est pourquoi la configuration surgie de la rencontre entre Bessans Jadis et Aujourd'hui, à la recherche d'un espace permettant de donner réalité à une mise en visibilité du patrimoine bessanais, et Sophie et Marc Samuel, propriétaires de la Maison Finette, probable dernière maison traditionnelle conservée en l'état et pouvant restituer en son intégralité l'articulation logis-étable semi enterré et grange, confine au miracle.
L - Eugénie Goldstern dans la Maison Finette
Cette maison traditionnelle, à ce jour étonnamment conservée en l'état, conjugue toutes les conditions pour permettre à̀ Bessans de déployer enfin simultanément et fonctionnellement sous un même toit historique, en articulation avec l'Office de Tourisme, un espace offrant aux différents publics (familles bessanaises et mauriennaises, scolaires, estivants, sportifs, touristes de passage...) :
- un parcours visitable restituant l'intégralité́ d'une exploitation familiale agropastorale, témoin de la forme civilisationnelle incarnée à Bessans depuis des siècles, telle que révélée et décrite pour la première fois par Eugénie Goldstern ;
- un espace visitable permettant de présenter aux différents publics (familles bessanaises et mauriennaises, scolaires, estivants, sportifs, touristes de passage…) ;
- une synthèse de la mémoire bessanaise et de l'œuvre d'Eugénie Goldstern, accessible sous diverses formes et supports (audiovisuels, documents à consulter, expositions temporaires, etc.) ;
- une plateforme d'information et d'orientation pour la découverte du patrimoine bessanais in situ (quartiers, hameaux, patrimoine religieux, patrimoine naturel, etc.) ;
- un espace de travail scientifique dédié à la Mémoire d'Eugénie Goldstern, à la disposition des chercheurs (en lien fonctionnel avec le centre de documentation et d'archives de Bessans Jadis et Aujourd'hui).
Après tant d'années de recherches conduites par les Bessanais eux-mêmes sur leur histoire si particulière, leurs familles, leur mémoire exceptionnelle, après tant de séjours et d'écrits de chercheurs inspirés, acharnés, authentifiant collectivement l'originalité irréductible de cette communauté montagnarde, le temps est venu de passer à la phase de restitution, de mise en visibilité, de transmission… et pourquoi pas, d'hommage à cette grande devancière, Eugénie Goldstern.
Louis-Jean Gachet, Conservateur général honoraire du patrimoine
Mars 2025
Œuvres d'Eugénie Goldstern
1922. Bessans. Volkskundliche monographische Studie über eine savoyische Hochgebirgs-gemeinde. Inauguraldissertation zur Erlangung der Würde eines doctor philosophiae naturalis der naturwissenschaftlichen Fakultät der Universität Fribourg. Wien, Verlag des Vereines für Volkskunde. 68 p. mit 13 Lichtdrucktafeln und 3 Textabbildungen (Thèse soutenue par Eugenie Goldstern en 1920)
1922. « Hochgebirgsvolk in Savoyen und Graubündenein Beitrag zur romanischen Volkskunde » Wien, Verlag des Vereines für Volkskunde. 124 p. mit 28 Lichtdrucktafeln und 6 Textabbildungen. [La première partie de cette publication reprend le texte de la thèse.]
1987. Bessans, vie d'un village de Haute Maurienne (traduction de la thèse par Mme Schaeffer et Francis Tracq). Challes-les-Eaux, Curandera. 157 p.
2007. Eugénie Goldstern, Ethnologue de l'arc alpin, 1884-1942. Œuvres complètes. Édition scientifique critique (trad. de l'allemand par Mireille Gansel). 1. Twardowski, le Faust polonais ; 2. Lammertal ; 3. Gens de là-haut en Savoie et dans les Grisons ; 4. Val d'Aoste ; 5. Animaux-jouets des pays alpins. Grenoble, Le Monde alpin et Rhodanien. 293 p.
2007. « Bessans, la vie dans un village de Maurienne » (trad. Mme Schaeffer et Francis Tracq) ; « La vie dans les villages du val Müstair » (trad. Dominique Peronnet) ; « Un voyage d'enquête ethnographique en vallée d'Aoste » (trad. Paul Guichonnet), in La Mémoire et l'Oubli. Montmélian, éd. La Fontaine de Siloé. 372 p.
Ouvrages consacrés à Eugénie Goldstern
OTTENBACHER, Albert. 1999. Eugenie Goldstern, eine Biographie. Wien, éd. Mandelbaum 144 p.
OTTENBACHER, Albert 2007. « Eugénie Goldstern, une biographie » (trad. Dominique Péronnet ), in : Eugénie Goldstern. La Mémoire et l'Oubli. Montmélian, éd. La Fontaine de Siloé : pp.1-86.
Colloques
2003. Fondateurs et acteurs de l'ethnographie des Alpes. Colloque international. (Grenoble : Musée Dauphinois 14-16-11-2002). GUIBAL, Jean & JOUTARD, Philippe (éds), Le monde alpin et rhodanien. Grenoble : Centre Alpin et Rhodanien d'Ethnologie : 296 p.
2005. Eugénie Goldstern und ihre Stellung in der Ethnographie. Symposium international. (02-03-2005, Wien) Beiträge des Abschlusssymposions zur Ausstellung "Ur-Ethnographie. Auf der Suche nach dem Elementaren in der Kultur. Die Sammlung Eugenie Goldstern". GRIESHOFER, Franz. (éd.), BEITL, Klaus, BELLWALD, Werner, BURCKHARDT-SEEBASS, Christine, CULLIN, Michel, FEEST, Christian-F, GYR, Ueli, JOHLER, Reinhard, KÖSTLIN, Konrad, KUTI, Klara, NIKITSCH, Herbert, TSCHOFEN, Bernhard, WARNEKEN, Bernd Jürgen. Wien : Österreichisches Museum für Volkskunde : pp. 110-309.
Catalogues d'exposition
Ur-Ethnographie. Auf der Suche nach dem Elementarem in der Kultur. Die Sammlung Eugenie Goldstern. Catalogue d'expo. GRIESHOFER, Franz (éd). Österreischisches Museum für Volkskunde. Wien. 29 août 2004 - 13 février 2005.
Eugénie Goldstern 1884-1942 : Être ethnologue et juive dans l'Europe alpine des deux guerres. Catalogue d'expo. Musée Savoisien, Musée Dauphinois. 2007. DUCLOS, Jean-Claude (éd.), ABRY, Christian, ANDERREG, Jean-Pierre, BEITL, Klaus, CHIVA, Isac, COLARDELLE, Michel, DEUBER- ZIEGLER, Erica, FORRAY, François, GACHET, Louis-Jean, GANSEL, Mireille, GROS, Christophe, KARPLUS, Martin, LYON-CAEN, Jean-François, TIKHONOV, Natalia, SCHINDLER, Margot, TRACQ, Francis, ZINGARI, Valentina.
Articles
ABRY, Christian. 2003. « Un mulet physicien au pied du sommet de l'ethnographie des Alpes… D'héritiers en héritages », in : Fondateurs et acteurs de l'ethnographie des Alpes. Actes du colloque du 14 novembre 2002. Musée Dauphinois. Grenoble, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie : pp. 269-281.
BEITL, Klaus. 1997. « Le mot, la chose, la comparaison. Apports autrichiens à l'ethnographie de la France », in : Beitl, Klaus, Bromberger, Christian & Chiva, Isac. (éds.). Mots et choses de l'ethnographie de la France. Regards allemands et autrichiens sur la France rurale dans les années 30. Paris, Maison des sciences de l'homme : pp. 131-142.
- 2001. « Eugenie Goldstern (1884-1942) - Verlobungs, Hochzeits und Bestattungsbräuche in der Maurienne (Savoyen), Frühling/Sommer 1914. Hinterlassene Schriften bearbeitet und restituiert», in: Raphaël, Freddy (éd), "...das Flüstern eines leisen Wehens..." Beiträge zu Kultur und Lebenswelt europäischer Juden. Festschrift für Utz Jeggle. Konstanz: UVK Verlagsgesellschaft mbH: pp. 171-197.
- 2003. « Des ethnotextes inédits d'Eugénie Goldstern. Notes sur les coutumes de sept communes de Maurienne (Savoie) datées de l'année 1914 », in : Fondateurs et acteurs de l'ethnographie des Alpes. Actes du colloque du 14 novembre 2002. Musée Dauphinois. Grenoble, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie : pp. 49-56.
- 2006. « "Grenzgänge" Eugenie Goldstern : Die Hausformen des Aostatales. Nachgelassene handschriftliche Aufzeichnungen aus den Jahre 1922 », Osterreischische Zeischrift für Volkskunde, Band LX/109, Wien 2006: pp. 245-292.
CHIVA, Isac. 2003. « L'affaire Eugénie Goldstern. L'histoire d'une non-histoire », Revue des sciences sociales, n°31, Hommage à Freddy Raphaël : pp. 150-157.
DUCLOS, Jean-Claude. 2007. « Avant-propos », in : Eugénie Goldstern. Ethnologue de l'arc alpin 1884-1942. Œuvres complètes (trad. de l'allemand par Mireille Gansel). Grenoble, Le Monde alpin et Rhodanien : pp. 9-15.
DONINELLI, Christian. 2021. « Le tragique destin d'Eugénie Goldstern. Université de Fribourg », Universitas. https://www.unifr.ch/universitas/fr/editions/2021-2022/la-verite/le-tragique-destin-d- Eugénie-goldstern.html
GACHET, Louis-Jean. 2007. « Eugénie Goldstern 1884-1942. Être ethnologue et juive dans l'Europe alpine des deux guerres », La Rubrique des patrimoines de Savoie, n° 19 : pp.24-25.
GANSEL, Mireille. 2007. « Traduire Eugénie Goldstern », in : Eugénie Goldstern. Ethnologue de l'arc alpin 1884-1942. Œuvres complètes (trad. de l'allemand par Mireille Gansel). Grenoble, Le Monde alpin et Rhodanien : pp.9-15.
LE BOUAR, Françoise. 2015. « Collecter ou collectionner des jouets par de sombres temps : Eugénie Goldstern et Walter Benjamin », Strenae (on line), 8, 2015.
URL: https://journals.openedition.org/strenae/1412 DOI: https://journals.openedition.org/strenae/1412
NIEDERER, Arnold. 1970. « Kurzbericht von der Forshungsexpedition nach Bessans (Haute Maurienne), 9. bis 19 Oktober 1967», Österreichische Zeitschrift für Volkskunde 29 (73) : pp. 300-302.
- 1972. « Étude rétrospective d'un village », Ethnologia Europaea, vol 6, n°1 : pp. 86-90.
RAPHAËL, Freddy. 2007. « Eugénie Goldstern, une ethnologue par de sombres temps », in : Eugénie Goldstern, Ethnologue de l'arc alpin, 1884-1942. Œuvres complètes (trad. de l'allemand par Mireille Gansel). Grenoble, Le Monde alpin et Rhodanien : pp. 263-268.
TRACQ, Francis. 1987. « Préface », in : Eugénie Goldstern. Bessans. La vie dans un village de Maurienne. Challes-les-Eaux, Curandera : pp. 7-18.
- 2000. « Eugénie Goldstern, ethnologue », in : Tracq, Francis. La mémoire du Vieux Village.
Montmélian, La Fontaine de Siloé : p. 522.
- 2007. « Avant-dire », in : Eugénie Goldstern. La Mémoire et l'Oubli. L'odyssée de "l'Étrangère" à Bessans. Montmélian, La Fontaine de Siloé : pp. XXVII- XXXVIII.
ZINGARI, Valentina. 2006. « Bessans et Eugénie Goldstern, aux frontières du XXe siècle. Une ethnologue autrichienne en Maurienne, une rencontre en mémoire », L'Alpe, n°31, Numéro spécial Maurienne. Grenoble, Glénat : pp. 56-66.
- 2007. « Bessans 1913, d'un monde à l'autre », La Rubrique des patrimoines de Savoie, n° 19 : pp. 25-2