Maison Finette
Une illustration exceptionnelle du Logis-étable en Haute-Maurienne
témoin du passage d'Eugénie Goldstern en 1913

Inventaire Général du Patrimoine Culturel
Rhône-Alpes, Savoie
Maison traditionnelle dite "Maison Finette" à Bessans
Références du dossier
Numéro de dossier : IA73005255 Date de l'enquête initiale : 2023
Date(s) de rédaction : 2023
Cadre de l'étude : opération ponctuelle Degré d'étude : recensé
Désignation
Dénomination : maison
Parties constituantes non étudiées : grange, écurie
Compléments de localisation
Milieu d'implantation : en village Références cadastrales : 2022
Historique
La maison traditionnelle dite "Maison Finette" est déjà localisée sur la Mappe Sarde de 1733. Cette maison avec un niveau semi-enterré correspondant au logis-étable est située au cœur du village dans le quartier des Chaudannes. Elle reste aujourd'hui un témoin remarquable de l'habitat traditionnel bessanais certainement antérieur au XVIIIe siècle (exemple la chapelle Saint-Antoine classée MH en 1897, existait déjà au milieu du XVe siècle). La maison n'est plus habitée depuis les années 1960.
Historique de "l'habité" de la maison à partir des souvenirs de Marie Pernolet (84 ans) (cf la totalité de l'entretien de la visite en annexe)
La Maison Finette (surnom d'une des familles Clappier de Bessans) a appartenu aux grands-parents maternels de Marie Pernolet, Séraphin et Delphine Clappier. Marie, née en 1939, y a vécu sa petite enfance jusqu'en 1943 à cause de la guerre. Puis elle est allée en région parisienne car ses parents faisaient partie des nombreux Bessanais qui ont émigré à Levallois-Perret. Son père était chauffeur de taxi. Marie a passé tous ses étés à Bessans jusqu'en 1957, avec sa grand- mère Delphine et sa tante Marianne dont elle garde le souvenir d'une grande affection et qui sont les dernières personnes à avoir vécu dans cette maison. Les cousines de Marie fréquentaient aussi cette demeure.
Delphine Clappier, née Falco, tenait la maison de son mari décédé en 1926 ; elle est la plus ancienne propriétaire mentionnée dans le document sur l'origine de propriété joint à la vente par adjudication en 2013.
Période(s) principale(s) : 18e siècle.
Description
Descriptif réalisé à partir d'un compte-rendu établi par Catherine Salomon-Pelen architecte conseiller.
Il s'agit d'une description succincte de la maison d'un point de vue architectural et constructif. Les dessins présentés sont schématiques (cf en illustration), ils sont effectués sans prises de cotes et de nombreuses imprécisions / interrogations persistent.
La maison se développe sur un plan trapézoïdal proche du carré et s'élève sur un niveau de cave semi-enterrée, avec un étage de rez-de-chaussée surélevé et des combles. L'ensemble est couvert par une toiture à deux pans, en lauze dont les dépassés (avant-toit) protègent un balcon qui se développe sur les façades Sud et Est. Deux annexes bordent la cour placée au sud, entièrement close par un haut mur intégrant un remarquable porche en arc surbaissé constituant l'entrée principale depuis la rue.
L'ensemble est construit en maçonnerie de pierre, surmonté d'une charpente faite de pannes traversantes de mur à mur avec poteau central sous la panne faitière. Couverture en lauze. le niveau bas (semi-enterré), accessible depuis la cour par quelques marches descendantes, abrite un couloir central distribuant la cuisine avec cheminée, une petite et une grande chambre, une petite et une grande écuries et une cave attenante à la cuisine. Au fond du couloir, un escalier en pierre de dimension très réduite mène au niveau supérieur (niveau rez-de-chaussée surélevé) où se trouvent la vaste grange ouvrant directement sur la rue, une grande et une petite chambres côté sud.
Le niveau des combles, constitué par un plancher partiel au-dessus de la grange et au-dessus des chambres, est accessible par une échelle depuis la grange. Cette échelle et l'escalier sont disposés de telle sorte qu'à proximité de l'entrée de la grange convergent toutes les circulations entre les trois niveaux de la maison.
Une porte ouvre sur le balcon-galerie filant sur la façade sud, angle sud-est et façade est, où il présente un décalage de niveau pour surmonter la porte de grange. L'ensemble présente un état de conservation correct à l'extérieur, mais sols, murs et planchers présentent de nombreuses et importes dégradations liées à l'humidité tant au niveau bas qu'à l'étage. La charpente est également touchée par les fuites en toiture.
Eléments descriptifs
Matériau(x) du gros-oeuvre, mise en oeuvre et revêtement : pierre Matériau(x) de couverture : pierre en couverture, basalte en couverture Étage(s) ou vaisseau(x) : 2 étages carrés
Type(s) de couverture : toit à deux pans Escaliers : escalier dans-oeuvre : escalier droit
Typologies et état de conservation
État de conservation : mauvais état
Statut, intérêt et protection
Maison traditionnelle bessannaise d'exception
Intérêt de l'œuvre : à signaler.
Statut de la propriété : propriété privée.
Entretien/visite de la maison dite des Finette par Marie Pernolet
Entretien/visite de la maison dite des Finette par Marie Pernolet (84 ans), née Parrour, avec sa fille Véronique, le lundi 11 septembre 2023.
Contexte
La visite de la maison des Finettes localisée rue des Sculpteurs Clappier à Bessans a été réalisée par Véronique Pernolet avec sa mère Marie Pernolet (84 ans) qui a habité cette maison enfant. Les propos de cette visite ont été recueillis par prise de notes par Monique Clappier et Daniel Personnaz, co-présidente et membre du bureau de l'association BJA.
La maison des Finette (surnom d'une des familles Clappier de Bessans) a appartenu aux grands-parents maternels de Marie Pernolet, Séraphin et Delphine Clappier. Marie, née en 1939, y a vécu sa petite enfance. En 1943, à cause de la guerre, elle est allée en région parisienne car ses parents faisaient partie des nombreux Bessanais qui ont émigré
à Levallois-Perret. Son père était chauffeur de taxi. Marie a passé tous ses étés à Bessans jusqu'en 1957, avec sa grand-mère Delphine et sa tante Marianne dont elle garde le souvenir d'une grande affection et qui sont les dernières personnes à avoir vécu dans cette maison. Les cousines de Marie fréquentaient aussi cette demeure.
Delphine Clappier, née Falco, tenait la maison de son mari décédé en 1926 ; elle est la plus ancienne propriétaire mentionnée dans le document sur l'origine de propriété joint à la vente par adjudication en 2013.
Visite de la maison
Dans la cour, les herbes hautes et enchevêtrées entravent en partie l'accès. Il n'y avait pas de potager, simplement les toilettes et la petite étable (érhablot). Les propriétaires avaient un jardin un peu plus loin dans le village. Il est courant à Bessans d'avoir un potager ailleurs qu'à côté de la maison.
- à gauche, au fond, des toilettes extérieures, dans une guérite (la kazèto),
- adossée au mur aval de la cour, à gauche, une petite étable (l'érhablot) au toit bien affaissé,
- en face de l'entrée de la cour, un bâtiment attenant à la maison ; c'était à l'origine une boutique (vente de beurre, de fromage, voire de viande) qui fut ensuite transformée en chambre. Marie se rappelle les Italiens occupant le village et venant acheter du beurre et du fromage de fabrication familiale.
Dans la maison :
- Le premier niveau est semi-enterré. La première pièce à gauche du couloir, où se situe une grande cheminée, est la cuisine d'été utilisée aussi comme réserve (la fôgonié), mais Marie précise ne jamais avoir vécu dans cette pièce. Au fond à gauche, se trouve une petite pièce fraîche enterrée, pour la conservation des denrées alimentaires (lô péliô).
- La première pièce à droite est une petite chambre, que la famille appelait la chambrette. Une telle pièce n'existait pas en général au niveau du logis-étable (l'érhablô) dans les maisons bessanaises. Elle fut occupée en été par un oncle de Marie et aussi par ses parents. Une armoire encastrée dans le mur contenait la literie et une coiffe noire du costume traditionnel (la bérèto).
- Delphine (la grand-mère) et Marianne (la tante) vivaient dans le logis-étable proprement dit, au fond du couloir. Trois lits permettaient d'y dormir, les brebis étant parquées dessous. La partie habitation était séparée de l'étable par une cloison légère à mi-hauteur, la poèé.
- L'étable était en deux parties et pouvait accueillir six ou sept vaches, un mulet et des veaux.
- À l'entrée du logis-étable une pompe amenait l'eau d'un puits.
- Un escalier en pierre pour mener à la grange est raide et étroit à marches hautes, il donne accès à deux chambres qui servaient l'été à la place des lits du logis-étable.
- Une échelle très raide conduit, depuis la grange, à une sorte de grenier qui s'ouvre sur le balcon côté sud, vers la montagne de Tierce. Le grenier auquel on accède par une échelle dans la grange et qui communique avec le balcon servait à entreposer le seigle, l'orge et la paille pour les lits des personnes.
Delphine Clappier est décédée en 1965. Sa fille Marianne a passé les hivers à Levallois-Perret à partir de 1968 jusqu'à sa mort en 1989. Elle retrouvait sa maison à partir du mois de mai.
En ce qui concerne cette visite, il faut noter que c'était la première fois que Marie Pernolet, qui habite à côté, y revenait depuis plus de vingt ans. Cette visite commentée est également une faveur accordée à l'association BJA représentée par des personnes qu'elle connaît très bien.